Les précieuses photographies de Philippe Bourgade

Ensorceler le temps

La photo de Philippe Bourgade permet ce retour vers le passé. De raviver des souvenirs…pour certains tous droits figé dans l’enfance.

Précieux

Il magnifie l’image. Le créateur leur confère cette joie précieuse des histoires inoubliables dans le monde rural Martiniquais. D’hommes et de femmes qui grattent la terre, qui charrient de l’eau, qui coupent la canne, qui respirent tout simplement. Ces photos sont de la poésie qui mêle rudesse et amour. Passion, joie et mélancolie. Des photos comme des livres ouverts sur des vies parfois pleines de nœuds et de crevasses. C’est de cette manière que Philippe Bourgade raconte son enfance à Sainte-Marie, une commune du Nord de la Martinique.

Cet artiste a une quête : celle de traverser le miroir des apparences et livrer devant des yeux ébahis : l’humain tel qu’il est dans sa gestuelle, dans sa beauté, dans ses vies de tous les jours.

Histoire d'un monde rural

Cet artiste a une quête : celle de traverser le miroir des apparences et livrer devant des yeux ébahis : l’humain tel qu’il est dans sa gestuelle, dans sa beauté, dans ses vies de tous les jours. Ces photos sont loin d’être simple, elles sont pleines de sinuosité, de rebonds, de remous ; En fait elles sont à l’image de la vie même.

Martinique des Mornes

peint et raconte l’histoire d’un monde rural, que d’aucuns diraient disparu, mais qui reste vivace et sait renaître, en dépit des assauts répétés d’une société que hantent le matérialisme et l’indifférence à l’autre.

Souvenirs

Feuilleter l’album, c’est aussi savoir prendre son temps. Et son regard, se laver et le cœur et l’âme. C’est recevoir la lumière qui émane de ces femmes à la peau superbement offerte, c’est encore accomplir avec le pêcheur un miraculeux lancer de filet, faire claquer les dominos sur la table de fortune, éparpiller le grain à la gourmande cour volaillère, laver avec les femmes les toiles blanches à la rivière, couper la canne et se réconforter d’un rhum ambré auprès des hommes, ou se réinventer, à l’aide de simples objets trouvés en chemin, des jeux d’enfants pour ensoleiller la maison et les jours.

Dans l’empreinte des anciens

Force et énergie vitales émanent souvent de la page, tant les mouvements sont saisis dans leur instantané : coutelas brandi… pour abattre le roseau de la canne, robes parfois mouillées qui épousent étroitement le déhanchement ou la danse des femmes, douceur de la main versant l’eau si fraîche dans le verre, élan de la petite fille qui en un sourire s’envole bras ouverts en ailes d’oiseau, ailes dépliées de Seigneur Coq dans le pitt ! Jouant sur la luminosité maîtrisée et l’ordonnancement pensé des lignes, la photographie acquière une profondeur telle qu’on croit y sentir la texture du tissu, y déceler la matière dense et malléable des choses. Solidaire des sujets qu’il photographie comme sont solidaires ceux qui savent encore pratiquer le « coup de main ».